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Scriptoria : retour au Moyen-Âge sur Ulule.

Certains soirs, je passe dire un petit coucou à nos copains Kaelawen et Alecs sur leur chaîne Twitch des Petits Meeples. Et bien souvent, je découvre, le temps d’un live, des jeux sur lesquels je ne me serais pas forcément arrêtée de prime abord mais qui, une fois vus « joués », me semblent plutôt sympas pour nos Juniors.

Ce fut le cas il y a quelques jours, avec Scriptoria, un jeu de Fabien Clavel, illustré par Philippe Mompas et édité par Les Editions du Lion Vert. Le jeu est actuellement en financement participatif sur la plateforme Ulule et se destine aux Juniors de 10 ans et plus pour des parties d’environ 30 à 60 minutes, fonction du nombre de joueurs autour de la table.

De quoi ça cause ton jeu ?

Dans Scriptoria, les joueurs incarnent des moines enlumineurs. Vous savez, ce sont ces dessinateurs qui enjolivaient les manuscrits, au Moyen-âge. Qu’il s’agisse de dessins indépendants, de bordures ou encore de calligraphie ou de parchemins, leurs encres et dorures donnaient vie aux écrits et rendaient chaque oeuvre, unique.  

En tant qu’artiste, donc, vous aspirez à ce que votre talent soit reconnu de tous. Et figurez-vous que le destin fait bien les choses car une commande un peu spéciale vient d’arriver à l’Abbaye : un mystérieux mécène souhaite plusieurs exemplaires d’un texte antique. Et il les veut, bien évidemment, pour hier.

Le temps presse, donc, et tous les moines de l’Abbaye sont sur le coup. Mais, en bon compétiteur, vous vous êtes mis en tête de réaliser le plus beau parchemin car vous voyez là une occasion en or de faire valoir votre talent. Évidemment, vos frères et soeurs copistes ont vu clair dans votre jeu et, un peu jaloux de vos grandes ambitions, ils décident de vous compliquer la tâche. Ils préparent donc, en secret, quelques coups de Trafalgar afin de vous faire rater votre oeuvre.

À vous de dessiner, le plus rapidement possible, vos enluminures sur votre plateau joueur afin de terminer votre manuscrit et ainsi, remporter la partie.

Oh, mais dis donc, c’est assez loin de ce que tu aimes comme univers d’habitude non ?

Je vois que vous commencez à me connaître.

Je suis, effectivement, de ces joueuses qui ont besoin d’un univers hyper accrocheur pour déclencher la petite flamme ludique dans leurs yeux. Et là, soyons clairs, j’avais repéré le jeu sur Ulule sans vraiment m’y attarder car les graphismes ne me parlaient pas plus que ça. L’univers médiéval, ce n’est pas du tout ma tasse de thé et, même si je dois concéder que les illustrations sont parfaitement en adéquation avec le thème, je n’avais pas vraiment eu envie de m’y intéresser davantage. 

Mais ça, c’était avant de voir la partie sur Twitch. Parce que voyez-vous, finalement, Scriptoria fait partie de ces jeux où la mécanique, plutôt maligne, sert tellement bien le jeu que vous réussissez à passer outre l’univers. Dès que je l’ai vu joué, je n’ai eu qu’une envie : m’asseoir à une table et le tester avec mon Neuf’ans. Un bon point pour le jeu. 

Quid du gameplay ?

Les tours de jeux sont assez simples ; il n’y a que quatre étapes qui vont se répéter jusqu’à la fin de la partie. Ces étapes sont appelées des « heures ».

Tout d’abord, pour pouvoir dessiner vos enluminures, il vous faut, bien évidemment de l’encre. Lors de la première heure, chaque joueur peut donc collecter jusqu’à deux gouttes d’encres (symbolisées par des pierres) mais attention, elles doivent être obligatoirement de couleur différente. Certaines, d’ailleurs, de couleur noire, sont indispensables puisqu’il s’agit de la couleur commune à presque toutes les tuiles qui composeront votre oeuvre. Les pierres dorées, quant à elles, représentent des jokers qui remplaceront n’importe quelle couleur. 

Lors de la seconde heure, il est temps de vous poser pour réfléchir un peu à votre futur manuscrit. Chaque joueur peut donc récupérer un lutrin, au choix. Les lutrins, ce sont les modèles d’esquisse qui vont composer votre manuscrit sur votre plateau central. Des éléments cruciaux pour avancer votre parchemin, donc. D’autant que chaque lutrin se compose, d’une part, de quatre tuiles « enluminure » et d’autre part, d’un bonus unique qui vous permettra de dessiner ces dernières, à moindre coût sur votre plateau joueur.

Chouette alors, me direz-vous, on va pouvoir récupérer plein d’éléments cools pour avancer notre parchemin à la vitesse de l’éclair ! Pas si vite… Rappelez-vous, vos compagnons sont fourbes… Et le lutrin choisi lors de cette seconde heure devra être, en réalité, offert à un adversaire.

Les moines seraient-ils généreux ? Pas si sûr ! Voilà surtout une occasion en or de faire quelques petits croche-pattes subtils à des concurrents un peu trop avancés dans la réalisation de leur chef-d’oeuvre.

Une fois tous les lutrins distribués, voici le temps de la dernière heure : le moment où vous allez transformer vos gouttes d’encre en jolie enluminure. Vous pouvez choisir de dessiner une tuile enluminure soit de votre lutrin personnel, soit de la réserve commune. Chaque tuile enluminure nécessite plusieurs gouttes d’encre pour être dessinée ; si vous les avez en votre possession : parfait ! Vous défaussez les gouttes et placez la tuile sur votre plateau joueur, en respectant l’emplacement indiqué (bordure, coin, etc.). Vous marquerez alors les points de victoire correspondant.

Evidement, en utilisant les bonus octroyés par votre lutrin, vous pouvez placer plusieurs tuiles « enluminure », si tant est que vous puissiez en payer le coût. Il faudra donc bien optimiser vos choix de gouttes d’encre, lors de la première heure, pour vous assurer quelques combos sympathiques.

Une fois ces trois étapes réalisées, la journée s’achève, les moines partent se reposer jusqu’au lendemain où les étapes des trois premières heures seront répétées. La partie s’achève lorsque l’un des joueurs a réussi à reconstituer intégralement son parchemin.

On compte alors les points afin de déterminer qui sera élu « meilleur enlumineur ».

Un jeu accessible pour les Juniors ?

De prime abord, vous voyez, rien d’insurmontable pour nos Juniors. La règle du jeu mentionne d’ailleurs l’âge  de 10 ans comme étant celui recommandé pour le jeu. De mon côté, en voyant la partie jouée, j’ai trouvé l’accessibilité plutôt flagrante et n’ai eu aucun de mal à me projeter avec mon Neuf’ans dans une partie du jeu. Finalement, on est sur un système assez proche de Chakra dans la récupération des encres et similaire à un Century concernant la transformation des gouttes en enluminure. Les Juniors de 10 ans devraient donc s’en sortir sans soucis et même peut-être mieux que certains adultes. Pour peu qu’ils soient super à l’aise avec les jeux à combos, banco ! Vous pouvez y aller les yeux fermés.

Mais alors, me direz-vous, pourquoi le jeu est-il annoncé à partir de 14 ans sur Ulule

Selon moi, pour deux raisons.

Au niveau du scoring en fin de partie, des points supplémentaires sont attribués en fonction d’objectifs communs à tous les joueurs, les achèvements. Au nombre de quatre, ils vous attribuent quelques points d’enluminures (non négligeables ceci-dit) en fonction de l’agencement et de l’état d’avancement de votre parchemin.

Selon que vous ayez complété toute la partie gauche, droite, ou la totalité du parchemin, vous grappillerez, donc, jusqu’à 5 points bonus au terme de la partie. De quoi renverser les scores si ces derniers étaient serrés. Il ne faut donc jamais les perdre de vue trop longtemps et toujours les garder dans un coin de sa tête. C’est ce petit point de règle, qui induit un double niveau dans la stratégie, qui pourrait peut-être gêner les Juniors les plus jeunes, du moins lors des premières parties.

Cependant, rien ne vous empêche de supprimer ces objectifs dans un premier temps. À la lecture des règles, rien ne m’a semblé bloquant de ce point de vue et vous pouvez donc décider de ne garder que la partie « construction du parchemin », le temps que Junior se familiarise avec le jeu. Il sera toujours temps de réintroduire les objectifs communs au bout de quelques parties afin de renouveler l’expérience de jeu. Avec cette possibilité, le jeu se prémunit donc d’une belle courbe de progression pour nos Juniors, ce qui est très intéressant d’un point de vue rejouabilité.

L’autre petit point qu’il me semble important de relever est la possibilité d’ajouter une extension au jeu : l’Enfer de la Bibliothèque. Proposée également dans la campagne Ulule, ne vous méprenez pas : à mon sens, elle est à réserver aux Juniors les plus âgés. Déjà, à cause de son thème car cette extension met en jeu les 7 Péchés Capitaux et qu’on a pas toujours envie de se retrouver à expliquer ce qu’est la Luxure à son schtroumpf de 10 ans, hein. Mais surtout, parce que cette extension introduit une interaction plus forte dans le jeu entre les différents adversaires.

En effet, chaque jeton Péché peut vous octroyer un bonus fort sympathique, que ce soit pour avancer plus rapidement votre parchemin, grappiller plus de gouttes d’encre mais surtout, pour aller embêter le voisin et lui piquer des éléments de jeu. Autant vous dire que les Juniors qui n’aiment pas trop qu’on vienne les titiller vont sacrément faire la moue.

Alors, bon, ils pourront rétorquer, mais chaque Péché utilisé coutera des points de victoire en fin de partie. Il faut donc, sans cesse jauger le ratio bénéfice/perte, ce qui n’est pas toujours évident quand on a 10 ans. Cependant, une fois Junior à l’aise, et après quelques victoires mémorables, rien ne vous empêche de tenter l’expérience. Une belle façon de faire grandir le jeu en même temps que votre Junior.

Et donc, finalement Scriptoria, tu prends ou pas ?

Vous l’aurez compris, j’ai donc révisé mon jugement et je pense aujourd’hui participer à la campagne participative. Ne serait-ce que parce que l’auteur, présent sur le live Twitch des Petits Meeples, a réussi à me faire passer outre le thème tant il était passionné en nous racontant l’histoire de son jeu.

Après il est vrai que mon Junior à moi est bien le fils de sa mère… Et que l’univers compte au moins autant que la mécanique à ses yeux. Il aime les mondes fantastiques et pas sûre que les enluminures moyenâgeuses le fassent vraiment rêver.

Mais, je me dis que s’il se laisse embarquer, comme moi, par l’accessibilité du gameplay, il devrait, sans souci passer un excellent moment de jeu ! Ça se tente, non ?

Alors, n’hésitez pas à aller jeter un oeil sur Ulule, vous aussi : la campagne se termine dans 26 jours

Pour aller plus loin :

 

 

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