A partir de 8 ansJeux de tuilesOn teste !

Test – Kingdomino Origins

Un matin comme les autres dans les locaux de la rédac’. Je vois le chef débouler dans mon bureau dissimulant sournoisement une boîte de jeu dans son dos. « Lulu j’ai un nouveau jeu à tester, une potentielle bombe ludique et c’est LE parfait jeu pour toi ». Je suis plutôt du genre à être toujours excitée à l’idée d’essayer une nouveauté, surtout un jeu qui semble tant attendu. Alors pourquoi affiche-t-il ce petit sourire narquois ?

J’ai bien envie de sourire également et de pousser des petits cris de joie à l’idée d’ouvrir un super jeu mais quelque chose me rend méfiante. C’est peut-être Emy qui, derrière la vitre de mon bureau, rigole presque à s’étouffer avec son morceau de brioche ou Krinie qui agite son bonnet dans le dos du chef pour que je refuse cette mission… Mais, reculer devant l’adversité ? Moi ? Jamais !

Le chef exulte et dépose alors la boîte de jeu devant moi : « Tadam ! Allez ! Au boulot ! ».

Lorsque mes yeux se posent sur l’objet du délit, je comprends. Sur mon bureau trône fièrement une boite de Kingdomino Origins, le tout dernier opus de la gamme Kingdomino, coming from préhistoire.

Clarifions les choses de suite. Parmi toutes les running vannes de notre chère équipe rédactionnelle, celle qui revient le plus souvent à mon sujet est mon aversion pour Kingdomino. Oui oui, je sais, vous pouvez me lancer des tomates. Alors que tous sont unanimes sur l’indispensabilité de ce jeu, je ne peux m’empêcher de bâiller en me remémorant mes sensations paresseuses lors des quelques parties effectuées. Avec pourtant toute l’admiration que je voue à Mr Bruno Cathala, c’est LE jeu qui m’a déçu et m’a laissé un gout de trop peu et d’ennui… Cette sensation que chaque tour de jeu est le même, sans piment.

Alors je vous avoue que oui, je me lance dans le test de Kingdomino Origins, mais avec la boule au ventre et la sueur au front… en espérant secrètement me réconcilier avec la gamme.

Kingdomino Origins est un jeu de Bruno Cathala, illustré par Cyril Bouquet édité par BLUE ORANGE, pour 2 à 4 joueurs, à partir de 8 ans pour des parties de 30 minutes.

(Ce test a été effectué sur un exemplaire mis à dispo par l’éditeur, non pas que ça change quoi que ce soit à mon avis mais c’est un peu la classe de le spécifier)

La gamme des dominos

Car, oui, on peut désormais parler de gamme pour Kingdomino. Le point commun à (presque) tous les opus : la pose de tuiles sous forme de dominos, avec comme condition de pose de faire coïncider au moins l’un des 2 côtés avec un domino déjà en place. Plus vous posez de dominos, plus vous élargissez vos différents territoires et plus vos territoires sont grands pour un même type, plus vous scorez. Voilà un petit pitch édulcoré, juste histoire de recentrer l’église au milieu du village.

Le tout premier né dans cette gamme est Kingdomino, vendu à plus d’un million d’exemplaires qui me font d’ailleurs parfois douter de mon ressenti et de son réel côté plan-plan. Tout comme, les nombreuses récompenses raflées dans les hautes sphères du monde ludique.

Toujours dans un univers médiéval, s’en est suivi Queendomino qui apportait déjà plus de piquant avec la construction de bâtiments. Est venu ensuite Kingdomino Duel qui faisait apparaître des dés. Puis, l’excellent Dragomino, pour nos marmots, qui de nouveau a raflé les plus prisées des récompenses ludiques.

Une fois ceci posé, vous vous doutez que j’étais bien dubitative sur l’arrivée d’un nouvel opus, stand alone, venant enrichir la gamme. Comment allaient-ils pouvoir se renouveler ? Et surtout, allaient-ils réussir à dynamiser mon encéphalogramme resté tristement plat en jouant à Kingdomino ?

Fais bref Lulu !

Kingdomino Origins nous fait remonter le temps jusqu’à la préhistoire où chaque joueur incarne un chef de tribu devant apporter le plus de confort à son peuple. Par plus de confort, on entend un plus grand territoire de chasse et de récolte, des ressources, des guerriers et aussi (surtout) le feu.

Ainsi, la pose des fameux dominos va vous permettre d’accroitre vos territoires mais il va falloir bien les agencer pour optimiser votre score tout en respectant les limites de votre royaume (un carré de 7×7 à 2 joueurs et 5×5 à plus). Là où la version Origins se démarque de ses prédécesseurs, c’est que l’on va devoir également gérer 4 types de ressources, nous apportant soit des conditions de majorité, soit de quoi acheter des Cro-Magnons.

Y’a quoi dans ta grotte, Pierre ?

Avant de vous parler de l’intérieur, je voulais juste me poser un instant pour admirer cette fresque. Il y’a des thèmes qui nous allument des étoiles dans les yeux, Junior et moi, et la préhistoire en fait clairement partie, les excellents Préhistories et Honga en tête de liste de nos petits plaisirs ludiques. À peine la boîte arrivée à la maison, Junior fut donc hypé par les illustrations de Cyril Bouquet (Okiya, Dali le renard, Dinos Rigolos…) qui nous plongent de suite dans une caverne avec des Cro-Magnons funs, au style Pierrafeu.

La quantité et la qualité du matériel ne sont pas décevantes. Pour une boite de jeu à 25€, on retrouve du matos en conséquence. Des tuiles, des tuiles, des tuiles mais aussi des tuiles (Ben quoi ? je l’ai déjà dit ?). Les 48 dominos sont bien rangés dans leur encoche pour aider à la gestion de leur mise en place au marché durant la partie. On retrouve également des meeples ressources sous forme de silex, champignons, mammouths et poissons mais aussi des jetons feu, 4 huttes en 3D, 8 meeples chef de tribu et un carnet de score hautement indispensable.

Junior s’est mis à pousser des petits cris de joie stridents en découvrant ces ressources et s’amuse à positionner les dominos. Il me pose alors une question qui a toute son importance : « maman pourquoi il y’a des chiffres derrière les dominos ? ». Attends 2 minutes, je t’explique plus tard !

3 âges pour Pierre !

Kingdomino Origins nous propose, en effet, 3 modes de jeux : le mode Découverte qui est quasiment au niveau de Kingdomino premier du nom, le mode Totem où les ressources entrent dans le game et enfin le mode le plus fourni, le plus gourmand : le mode Tribu où les ressources servent à acheter des Cro-Magnons ajoutant des conditions de scoring supplémentaires.

Clairement, la difficulté mais aussi la profondeur et les sensations de jeux vont augmenter au fil de la découverte de ces trois modes.

Le mode Découverte : Kingdomino on fire

Les fervents gamers de Kingdomino « classique » s’y retrouveront totalement dans cette version mais avec un chouia de sel en plus grâce aux volcans cracheurs de feu. Les flammes présentes sur certains dominos étant l’équivalent des couronnes de la version mère.

Une fois votre hutte centrale bien installée et votre chef de tribu sélectionné, vous pouvez démarrer la partie. Une partie de Kingdomino démarre toujours de la même manière : on dispose 4 dominos côté verso (donc numéroté) et on les organise par ordre croissant. On les retourne pour découvrir les terrains présents et aussitôt on aligne une nouvelle salve de 4 dominos toujours classés par ordre croissant que l’on révèle. Le premier joueur se positionne sur un domino de la première colonne et les autres en font de même chacun leur tour. Le joueur qui s’est placé sur le domino le plus haut (donc de plus faible numéro) est le premier à jouer et peut alors prendre son domino primo-choisi.

Sur un domino peut figurer soit le même territoire étendu sur les 2 cases soit 2 territoires différents parmi les 5 présents dans le jeu :

  • la steppe,
  • les lacs,
  • la jungle,
  • la carrière,
  • les déserts

Ces terrains étant présents en proportions différentes, il va aussi falloir faire un peu de proba les amis, et ça les juniors adorent : « alors, j’ai plus de chance de faire un grand territoire de désert que de jungle, mais il y a potentiellement plus de feu dans la jungle que dans le désert… Mmmmmhh, que choisir ? » *morceau choisi d’une conversation de Junior avec lui-même*.

Une fois le domino récupéré il faut le placer sur son aire de jeu en faisant coïncider au moins un des 2 côtés avec un domino déjà en place, votre hutte centrale pouvant servir de joker, elle peut matcher avec n’importe quel territoire.

Enfin, le joueur termine son tour en repositionnant son chef de tribu sur le domino de son choix dans la 2ème colonne. À la fin de la partie, une fois tous les dominos placés (ou défaussés pour certains) vous considérez les zones de même couleur. Vous marquez alors des points en multipliant le nombre de cases adjacentes de chaque zone par le nombre de flammes présentes dans ce même territoire.

Dans cette configuration vous scorez 16 points pour la zone désertique (8 tuiles x 2 flammes)

Le feu ça brûle !

Ainsi, il va vous falloir construire des zones de territoires les plus vastes possibles mais aussi les mieux équipées par le très convoité feu. Et où on trouve le feu ? C’est à ce moment qu’arrive un peu de piment par rapport à la version mère. Car oui, certaines flammes sont déjà présentes sur les dominos que vous récupérez mais vous allez aussi pouvoir en placer stratégiquement grâce aux volcans.

Vous trouvez les volcans à la place d’une case territoire sur un domino. Il existe 3 volcans différents suivant leur nombre de cratères allant de 1 à 3. Un volcan avec 1 cratère vous donne la possibilité de placer un jeton feu sur une case de 1 à 3 de distance depuis la base du volcan ; si votre volcan a 2 cratères vous pouvez placer 1 jeton 2 flammes jusqu’à 2 cases du volcan et le plus fort de tous les volcans, celui à 3 cratères, vous permet de placer un jeton 3 flammes à 1 case de votre tuile cracheuse de feu.

Les volcans peuvent donc grandement faire basculer le scoring car ils ajoutent un sacré coefficient multiplicateur. Cependant n’oubliez pas que la case volcan ne compte pas comme un territoire et vous fait donc perdre une place dans votre aire de jeu. Mais ça c’est le jeu ma pauvre Lucette, il faut choisir !

Les volcans qui projettent des flammes offrent déjà une nouvelle dimension dans la réflexion : où dois-je positionner mon feu ? Sur la steppe ou dans les glaciers ? Il vaut mieux scorer 3×5 ou 4×4 ? Sur quel paysage il vaut mieux que je mise ? Vous l’avez compris, il va falloir cogiter un petit peu pour optimiser son score et ses futurs placements. Qu’on se le dise, dans ce genre d’anticipation et de calcul, les juniors sont très forts.

Autant vous dire qu’avec Junior, lorsqu’un volcan apparaît sur les tuiles à choisir, on se jauge, on se défie.. Qui de nous deux chopera chopera le cracheur de feu et fera fructifier ses territoires ?

Les derniers seront les premiers

Ah ! Je vous vois vous poser la même question que Junior à l’ouverture de boîte : « pourquoi les dominos sont numérotés ? » Au-delà d’apporter un peu d’organisation, Les dominos sont potentiellement plus intéressants/lucratifs selon que leur chiffre est le plus élevé. Ainsi le domino 45 a plus de chances de vous intéresser que le domino numéro 2.

« Ok, mais on fait quoi de cette info Lulu ? » Si vous avez tout suivi, je vous ai expliqué que le premier joueur était celui qui s’est placé sur le domino de plus faible numéro (donc le moins intéressant) mais c’est aussi le premier à choisir le prochain domino de la colonne de la nouvelle manche. Vous comprenez donc le dilemme ; si vous vous placez sur le domino potentiellement le moins lucratif cela vous offre la possibilité d’être le premier à choisir la prochaine tuile. À l’inverse, si vous choisissez le domino 42 avec 3 flammes dans 2 cases jungle, c’est génial pour votre territoire mais vous serez dernier à choisir votre domino dans la 2ème colonne. Avec Junior, on adore les dilemmes et les choix difficiles, cette partie-là de l’aventure a donc comblé nos attentes.

En fin de partie, en plus du scoring des différents terrains vous pouvez gagner 5 points supplémentaires si vous avez réussi un carré parfait de 5X5 et 10 points de plus si vous avez pu maintenir votre hutte en plein centre de votre territoire.

J’ai oublié de vous préciser un point très important dans ma découverte de Kingdomino « classique » c’est que mon ressenti, ou plutôt mon non-ressenti, n’engage que moi, Junior n’ayant pas été de la partie. Très sincèrement, le mode découverte ne m’a pas transportée au-delà de mes aprioris. Les sensations restent vraiment les mêmes que lors de mes parties de la version mère, même si je concède que l’arrivée dans le jeu des volcans apporte un peu de sel.

Néanmoins mes parties furent bien plus grisantes car Junior s’y est clairement amusé. Y’a pas à dire, les dominos et les juniors ça matche ! Ce plaisir de la mécanique accompagné d’un thème qui plait énormément à mon loulou font que, lui, ressort avec un contentement non feint, prêt à attaquer le 2ème mode plus pimenté.

Mode Totem : Kingdomino de la majorité

Le mode totem se joue totalement de la même manière que le mode découverte avec, en sus, l’arrivée des ressources. Sur les dominos révélés, il faut désormais placer la ressource y figurant, silex, mammouth, champignon ou poisson. Lorsque vous récupérez le domino où se trouve la ressource, vous le placez dans votre jeu avec la ressource qui reste en lieu et place.

À chaque fois que vous êtes majoritaire sur un type de ressource, vous prenez la tuile totem s’y référant et si vous la conservez jusqu’à la fin de la partie vous scorez les points supplémentaires pour cette mission. Ainsi il va bien falloir équilibrer vos prises de ressources mais sans oublier de réfléchir à l’augmentation de vos territoires qui restent l’objectif principal. L’obtention des majorités est bien un objectif bonus mais c’est très casse-tête car parfois paradoxal à votre jeu. « Je dois continuer à agrandir mon désert mais je prendrais bien le silex sur la carrière pour piquer le totem silex de tata Simone » Et oui, une nouvelle fois il va falloir faire des choix. Surtout, qu’il vous faut prendre en considération qu’une flamme arrivant d’un volcan et tombant sur une ressource, la détruit.

En fin de partie, vous scorez donc pour vos territoires, les totems en votre possession et chaque ressource encore présente sur votre territoire vous ajoute 1 point de victoire.

Malgré la notion de majorité chère à mon cœur, une nouvelle fois, ce mode ne m’a pas fait vibrer, Junior y ayant préféré la simplicité et la spontanéité du mode découverte. Mais avant de fermer ce test, en vous disant que, peut-être, cette boîte de jeu n’a rien d’enthousiasmant, laissez-moi vous parler du plat de résistance, du gâteau sous la cerise : l’arrivée fracassante des Cro-Magnons.

Mode Tribu : Kingdomino magistral !

Pour ce mode de jeu, on prend la base du mode « découverte », on ajoute les ressources sur les dominos comme dans le mode « totem » mais on enlève les tuiles récompenses pour les majorités.

Et surtout, surtout, on ajoute un marché avec des tuiles Cro-Magnon ! Ouuuuuuhhhh on adore les marchés.

On installe donc le plateau grotte et on retourne les 4 premières tuiles personnages face visible.

Après avoir posé son domino, le joueur actif peut choisir d’acheter un Cro-Magnon moyennant le coût de 2 ressources différentes qu’il défausse. Ou, s’il aime le risque, il peut aussi choisir la tuile face cachée sur le haut de la pioche en défaussant 4 ressources différentes.

Ces petites tuiles personnages, on va pouvoir les poser sur une case vide de notre terrain afin d’obtenir un scoring supplémentaire en fin de partie.

Plusieurs types de Cro-Magnons à jauger :

  • Les chasseurs-cueilleurs vous apportent X points (X = de 3 à 5) pour chaque ressource présente dans les 8 tuiles adjacentes.
  • La dame du feu apporte 1 point par flamme présente dans les 8 tuiles adjacentes.
  • Le peintre apporte 2 points pour n’importe quel type de ressource adjacente.
  • Le shaman score 2 points par tuile personnage adjacente.
  • Et enfin, les guerriers, qui agissent en horde, scorent en multipliant leur quantité par leur force (représentée par le chiffre les surmontant) et là ça peut monter haut.

Le jeu prend une toute autre dimension. Sans perdre de vue l’objectif principal d’étendre son territoire de vie, il ne faut absolument pas négliger les Cro-Magnons qui apportent énormément de points en fin de partie s’ils sont bien choisis et bien positionnés.

Leur effet est cumulatif, c’est à dire que si vous positionnez votre chasseur (Cro-Magnon qui marque des points pour les mammouths) entouré de 3 mammouths, ces mêmes mammouths peuvent être utilisés par un autre chasseur adjacent ou même par le peintre. Ceci est très malin et permet d’établir un tout nouvel axe de stratégie.

Mais attention, vous avez bien compris que vous payez ces Cro-Magnons donc vous défaussez des ressources de votre plateau. Soyez vigilants et n’utilisez pas des ressources qui vous servaient à scorer grâce à un personnage. Mouahahah, c’est diabolique autant de cruelles décisions à prendre.

Une nouvelle contrainte est également à prendre en compte lorsque vous placez un volcan. Comme je vous l’annonçais plus haut, une case volcan ne vous agrandit aucun territoire et dans ce mode de jeu elle vous bloque également une disponibilité pour positionner un Cro-Magnon. Dans ce mode de jeu, désormais, il va donc falloir réfléchir à 2 fois avant de prendre un volcan. Chaque choix présente un certain nombre d’avantages et d’inconvénients. À vous de faire les bons !

On voit arriver également un nouveau type d’interaction : il ne faut pas laisser papy Gérard acheter tous les guerriers et empêcher Kevin de prendre la pêcheuse vu tous les poissons qu’il a dans son jeu. Là où, en mode découverte on a un peu la sensation de jouer chacun dans son coin, cette grotte des achats nous réunit tous ensemble autour de stratégies et de coups de gourdin.

Les Cro-Magnons sont suffisamment différents pour mettre du challenge aux parties et devoir parfois nous faire changer notre fusil d’épaule. On a trouvé cela très malin de ne pas avoir que des chasseurs-cueilleurs mais aussi un personnage qui fait scorer pour les autres personnages présents. Quant à l’idée des guerriers dont la force monte en puissance suivant leur nombre de personnages adjacents, cela matche super bien avec la globalité du jeu.

Ce mode de jeu apporte une vraie profondeur au jeu de base et comble totalement nos attentes grâce à l’arrivée d’une stratégie sur plusieurs niveaux et c’est ce que l’on aime dans un jeu : réfléchir, choisir, renoncer, sacrifier, tous ces dilemmes qui rythmeront les parties de Kingdomino Origins.

Je parle de mode de jeu mais j’ai eu la sensation de découvrir un tout autre jeu avec de l’interaction (enfin) et le fait de devoir vraiment réfléchir à nos achats et nos placements. On n’est plus dans un jeu de domino mais dans un jeu de pose de tuiles, certes, mais avec une partie gestion de ressources et recrutement et ça, ça nous met des paillettes dans les yeux.

À l’épineuse question qui vous brûle les lèvres (oui, oui je vois tout) : « j’ai déjà Kingdomino dois-je me procurer Origins ? » Kingdomino Origins en version Tribu ne m’a pas fait l’effet d’un énième jeu porté par une gamme mais bien d’un jeu à part entière avec une identité propre et des stratégies lui appartenant à lui et rien qu’à lui. J’irais même plus loin, si vous n’avez aucun Kingdomino c’est celui-ci qu’il vous faut car, en mode découverte, il vous apporte la difficulté équivalente de la version mère mais avec un peu de sel en plus grâce aux volcans.

Allez, je vous confie un petit secret : à la rédac’, je me suis risquée à dire que Kingdomino Origins, par son côté évolutif, allait supplanter Kingdomino et tous ont poussé des cris horrifiés m’accusant de blasphémer… Seul l’avenir nous dira si j’avais tort sur ce point.

L’avis de Plateau Junior !

Kingdomino Origins est une très belle découverte en cette fin d’année. Alors qu’il ne partait clairement pas gagnant avec moi, il a su gommer tous les défauts que Kingdomino « classique » avait à mes yeux, en proposant une version au thème fort sympathique mais aussi de l’interaction, de la multi-stratégie, des dilemmes, de la gestion de ressources et du recrutement. Mélangez bien tout ça et c’est, pour nous, la recette gagnante d’un bon jeu Junior. Et, qu’on se le dise, les dominos ça marche toujours super bien avec nos rejetons,  même les plus grands.

Quid de l’âge annoncé sur la boîte ? Effectivement le mode « découverte » et le mode « totem » sont accessibles dés 8 ans sans aucun souci. Cependant, je serai plus réservée sur le mode « tribu », qui sera plutôt réservé à des 10 ans ou des 8-9 ans déjà joueurs.

À la maison, on n’aime pas mettre tous nos œufs dans le même panier donc cette pluralité de piste de réflexion nous a fortement comblée. Il faut réfléchir, à la fois, à agrandir ses territoires, bien sûr, mais aussi à les valoriser par le feu, aux ressources que cela va apporter, aux Cro-Magnons à acheter, où les placer pour optimiser leur scoring etc. Ce qui fait qu’on ne s’ennuie jamais, c’est qu’il y’a toujours une action intéressante à mener même si ce satané gamin vous a piqué votre domino tant convoité sous le nez.

On a pris un vrai plaisir à enchainer les parties de ce jeu exigeant, plus que ne l’était sa version classique, mais tout en restant fun et dynamique avec des règles accessibles : un vrai bon jeu familial.

Ce jeu m’a donc réconciliée avec la « franchise » mais me fait encore plus comprendre pourquoi je n’aime pas la version mère.

Les puristes de Kingdo pourraient se plaindre que la version Origins complexifie un jeu qui est riche de sa simplicité et je ne leur jette pas le silex. Mais, pour moi, cette version préhistorique apporte ce qui me manquait pour applaudir des 2 mains avec les loups.

Vos Juniors aimeront si…

  • Ils aiment déjà Kingdomino et veulent se challenger
  • Ils aiment réfléchir sur plusieurs niveaux à la fois
  • Ils veulent entrer dans le jeu de société un peu plus « stratégique »

On aime :

  • Avoir plusieurs axes de stratégie
  • Le côté évolutif du jeu
  • Faire des choix et renoncer
  • Le thème de la préhistoire
  • Les illustrations
  • Manipuler les petits meeples ressources

On aime moins :

  • Galérer à faire un parfait 5×5 (je ne parle même pas de laisser sa hutte au centre)

Fiche technique :

  • Un jeu de Bruno Cathala
  • Illustré par Cyril Bouquet
  • Édité par Blue Orange
  • Pour 2 à 4 chefs de tribu
  • A partir de 8 ans
  • Pour des parties de 25 minutes

Où le trouver ?

Pour aller plus loin vous pouvez regarder une explipartie chez nos amis de chez Kaelawen

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